Le maître de l’Olympe : Un Sim City avec des Krakens

Bonjour à tous les conseillers municipaux en herbe, les fans de stratégie commerciale, les friands de plans économiques, les aficionados d’observation de petits personnages qui s’agitent vite sur un écran vus d’en haut. Aujourd’hui, je vous présente un jeu de gestion qui vous occupera pendant des heures : Le maître de l’olympe : Zeus

« Il y a parmi nous de puissants dieux…depuis les sphères célestes, Zeus écrase tous ceux qui s’opposent à sa domination » tonne une voix menaçante sur fond d’images de mers déchainées frappées par des éclairs, dès l’introduction du jeu. Et comme on peut le voir, Zeus, il est pas content, il fait brûler des hydres qui n’ont rien demandé parce qu’il aime pas trop partager son territoire, ce qui cause un incendie sur Terre, donc pour rattraper le coup et éteindre le brasier, il balance une montagne dessus (je vous déconseille cette manœuvre en cas d’incendie dans votre logis). « C’est sur les cendres de cette épique bataille, que s’est créée notre cité. A présent, les enfants de Zeus mènent leurs propres guerres, et nous pauvres mortels sommes pris entre deux feux » poursuit le narrateur.

Alors, je ne sais pas si un cadavre d’hydre injustement persécutée se trouve sous ma petite cité grecque, mais effectivement, les dieux de l’Olympe ne sont pas prêts de laisser ce territoire tranquille, et Zeus n’est pas seul sur le coup.

Bienvenue dans le maître de l’olympe, où, contrairement à ce qu’indique le titre, vous ne jouez pas Zeus qui fait la guéguerre avec d’autres entités pour conquérir l’Olympe, mais bien un dirigeant de cité grecque pendant l’Antiquité. Il faudra mener cette cité vers la prospérité, tout en gérant les menaces des autres villes de la Grèce ainsi que les attaques colériques et gratuites des monstres et autres dieux pas très sympas.

Le but c’est d’avoir une cité bien rodée, de ce style.

C’est le studio Impressions Games qui, après avoir déjà pondu trois Caesar et Pharaon 1 , revient nous proposer en 2000 un jeu de gestion de cité antique, cette fois en Grèce. Et ils savent ce qu’ils font les bougres.

Comment on joue ?

Le pouvoir d’esquiver le tuto

Premier aspect à noter : le tutoriel n’est pas inclus dans les campagnes. C’est ce qui m’avait frustré dans Pharaon, l’impossibilité de se jeter à corps perdu dans le jeu dès le début tel un petit chiot fou. Et c’est bien ce que j’ai fait à ma première partie du Maître de l’olympe lorsque j’étais encore gosse. Et maintenant, des années plus tard, à l’âge adulte, me voici en pleine maîtrise du gameplay 2. Combien y a-t-il eu de crises financières et économiques dans la Grèce Antique du temps où j’en étais son leader, et ce, bien avant l’Union Européenne ? Beaucoup. Les 10 minutes de tutoriel auraient-t-elles pu éviter les désastres de destruction et de chômage ? Peut-être. Mais quel plaisir enivrant que celui du droit de se planter misérablement.

Le camping de luxe

Pour ceux qui ont joué aux précédentes créations du studio, peu de choses vous surprendront dans les mécanismes de jeux. Pour les autres, vous avez plusieurs aspects à gérer. Sachez d’abord qu’il existe deux types d’habitations : les pauvres et les riches. Eh oui, vous avez les logements « modestes » et des logements « luxueux ». Les premiers sont de simples tentes dans un premier temps et les seconds sont de petites cabanes avec un immense jardin. Dans les deux cas, vous devrez fournir tous les biens et services nécessaires dans chaque quartier pour que les demeures évoluent au maximum. Elles se transformeront en immeubles pour la première catégorie et en villa pour la seconde. Lorsqu’il y a une évolution, non seulement la bâtisse peut accueillir plus d’habitants mais en sus, en ce qui concerne les riches, cela permet d’agrandir son armée. Il faudra donc donner au peuple de l’eau, de la nourriture, un accès aux activités sportives et culturelles, aux médecins, rajouter du cachet au quartier etc. Et quelques babioles en plus pour les riches (des armes et des chevaux pour faire la guerre, et puis du vin parce que…euh..eh bien… parce qu’on s’ennuie vite dans une grande villa ? ). Afin que vos campeurs vivent tous sereinement, vous devez évidemment gérer tous les aspects allant de l’agriculture et l’élevage à l’industrie et la levée des taxes en passant par le commerce avec les autres cités. Ceci quand vous ne vous lattez pas la gueule mutuellement. Et vous pouvez faire tout ceci dans des campagnes avec des difficultés réglables ou en mode bac à sable3. Voilà un petit résumé concis.

Et voilà un beau petit camping de riches.

L’aspect mythologique 

Bon tout ça c’est bien joli, mais rien de neuf sous le soleil (bien que ce soit très bien foutu). Ce qui est vraiment fun avec ce jeu, c’est l’inclusion de la mythologie grecque. Ainsi, de temps à autre, des ennemis extraordinaires se présenteront dans votre cité. Les dieux peuvent envoyer des monstres s’ils ne veulent pas se déplacer eux-mêmes. Vous développez votre petite ville tranquillou, quand soudain, un dragon envoyé par Arès, ou un petit kraken tout mignon venant de chez Poséidon, apparaît sur votre carrière de marbre et se met à tuer tous les ouvriers du coin. Et là, il vous faudra appeler le héros qui aura pour mission de vous sauver.  Avant d’avoir l’autorisation de les appeler, il faudra cependant répondre à plus d’exigences que Maria Carey avant un concert. Afin de sauver les pauvres gens de la mort, les héros demandent un temple en leur honneur et diverses requêtes extravagantes. Certains voudront des caisses de nourriture, de vin, d’armement, de chargements de bois ou encore un nombre précis de cavaliers dans votre armée. Cela fait, ils daigneront venir dans la cité, pour se reposer dans leur temple. Puis, quand ils estimeront avoir assez pioncé, ils iront seuls se battre cinq minutes avec le monstre, le tueront et iront de nouveau pioncer. Le ratio prix/qualité de l’intervention me paraît faible. Les héros peuvent également être appelés pour diverses quêtes lors des scénarios (appeler Hercule pour qu’il aille sauver Thésée des Enfers par exemple).

Petite baston entre Hercule et Cerbère.

D’autres fois, les dieux viendront eux-mêmes dans la cité pour détruire des bâtiments et tuer des habitants sans défense. Pour quelle raison ? Aucune, probablement par ennui. Mais ils ne manqueront pas de vous lancer des petites piques passives-agressives pendant leur passage. L’avantage c’est que cela ne dure que quelques minutes avant qu’ils se lassent et repartent sur le mont Olympe.

Fort heureusement, les dieux peuvent également vous venir en aide. Pour cela il suffit de construire des temples en leur honneur. Cela vous prendra du temps, des matériaux, de la main d’œuvre mais les récompenses valent le coup : Aphrodite attire de nouveaux habitants dans la cité, Déméter s’assure que vos greniers soient toujours pleins, Artémis et Arès vous apportent leur soutien militaire et ainsi de suite. Les dieux à influence positive ou négative dépendent du scénario ou du mode de jeu choisi ce qui alterne les bonus et les malus disponibles lors des parties. Les dieux bénéfiques du scénario choisi viennent régulièrement se balader chez vous faire leur publicité afin que vous leur construisiez des temples. Exemples :

« Vous voudriez que personne ne meurt de la famine cette année ? 3615 Déméter pour des hivers pépères ! »

« Bonjour, voudriez-vous parler avec moi de notre seigneur et maître (de l’Olympe, mdr, tu l’as ?) Dionysos ? Rejoignez-nous pour des orgies avinées les fesses à l’air dans les prés. Bisous » 4

Ils sont sympas, mais ça paraît un peu désespéré.

Quand la musique est bonnebonnebonne 

Je tenais rapidement à mettre l’accent sur la qualité de l’aspect sonore du jeu. Cela passe d’abord par la musique. Elle a son importance puisque qu’elle doit avoir la capacité d’être agréable à écouter en boucle pendant des heures de jeu. Être présente tout en sachant se faire oublier afin que le joueur se concentre sur ses objectifs. Les musiques de base (celles que vous entendrez le plus, hors-combat ou évènements spéciaux) du Maître de l’Olympe parviennent à retranscrire l’ambiance sereine de la cité en évoquant l’Antiquité, en comportant des touches d’épique, sans être trop répétitive.

Cela vient ensuite des bruitages et des doublages. Les premiers participent vraiment à forger l’impression d’un brouhaha urbain, d’une ville dynamique. Quant aux seconds, ils ne sont certes pas nécessaires dans ce type de jeu, mais contribuent évidemment à l’ambiance générale. C’est toujours un plaisir d’avoir des voix françaises bien faites (et assez comiques) et vous pourrez écouter de nombreux types d’habitants en cliquant dessus. Leurs discours pourront changer selon votre gestion de la ville et ils n’hésiteront pas à râler si vous chiez dans la colle.

Un livreur peu content de sa situation.

L’extension Le maître de l’Atlantide 

Il existe une extension au jeu qui prend pour décor la légende de l’Atlantide. Il n’y a pas énormément de variations mais elle apporte de nouvelles campagnes, et modifie quelques éléments qui n’impactent pas cependant votre façon de jouer (au lieu de cultiver du blé, ce sera des oranges, au lieu d’enseigner le théâtre et la philosophie, il s’agira des sciences). Pas nécessaire mais si vous avez un coup de cœur pour ce jeu, cela prolonge sa durée de vie et cela reste du même niveau que l’original.

Tuto DIY : ma première cité grecque

Pour finir, et en m’adressant aux débutants, voilà quelques petits tips pour ne pas plonger sa cité dans la dette publique directement (si vous n’êtes pas dans la team chien fou comme moi)

  • Le jeu vous réserve un accueil bienveillant. Lorsque vous venez à peine de commencer, que personne ne se trouve encore dans votre cité, la bannière d’informations du jeu vous offre un constat rassurant : « le peuple vous aime bien ». Ne vous fiez pas à son apparente bonhomie, il se fout clairement de votre poire. Restez vigilant, bientôt les 10 premiers habitants se plaindront du chômage et de la famine.
  • N’oubliez jamais de mettre des bâtiments de maintenance dans chaque quartier. Sinon les immeubles s’effondrent ou prennent feu, et l’argent que vous avez dépensé pour les construire part en fumée (tu l’as cette fois ?).
  • Si vous êtes en manque d’argent dès le début, il y a plusieurs solutions. N’oubliez pas de placer un palais et des percepteurs afin de récolter des impôts. Inspectez la carte du monde pour savoir quelles cités achètent quoi, et fabriquez des postes de commerce en conséquence. Enfin, sachez que le temple d’Hadès offre des gisements d’argent une fois construit.
  • Je vous retranscris enfin le tuto d’un ami qui étais consterné en visionnant différents let’s play  5 sur Youtube :

« Quoi ??! Mais c’est n’importe quoi cette cité ! Non je refuse de regarder ça. Il n’y a qu’une seule bonne forme de cité ! Regarde !

*attrape une feuille de papier et dessine un schéma tout en expliquant*

Je précise que moi-même jouant régulièrement, je n’avais peut-être pas besoin d’un tuto forcé que j’avais évité il y a 20 ans et qui était clairement destiné à la personne ayant fait le let’s play. Pas merci Youtube

« Tu fais toujours des quartiers en CARRE, en carré ! Tu mets les logements à l’extérieur du carré pour avoir la place de mettre des ornements derrière pour le cachet, tu traces une médiane dans ton carré où tu places l’agora pour distribuer la nourriture, et à l’intérieur du carré se trouvent toutes les structures utiles pour les gens : activités culturelles, fontaine etc ! C’est la seule bonne façon de jouer VOILA ». 6 7

Et maintenant lancez-vous dans la joie et la bonne humeur. Yay !

Ce jeu vous intéresse ? Vous y avez déjà joué ? N’hésitez pas à publier votre avis dessus.

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Disponible sur Steam avec l’extension à 9,99 € en anglais. Disponible en français gratuitement dans la « médiathèque » de l’internet.

Crédits image : .masterofolympus.com

  1. Deux jeux de gestion où l’on pouvait gérer des cités respectivement dans la Rome antique et dans l’Égypte antique
  2. Mot qui désigne la façon dont le jeu se joue. Cependant, le mot est devenu très fourre-tout pouvant être utilisé pour désigner le ressenti du joueur, la maniabilité d’une manette etc.
  3. C’est lorsque le jeu permet de jouer sans suivre un scénario ou des objectifs particuliers, avec donc une plus grande liberté.
  4. Dialogues non contractuels ne représentant pas le contenu in-game
  5. Les let’s play, ou « jouons-y » en français, sont des séquences vidéo pendant lesquelles une personne joue à un jeu en commentant la partie ou non.
  6. Ce tuto vous était présenté par Xanax©
  7. La rédaction tient à se désolidariser de ces propos qui ne reflètent que l’opinion de leur auteur. Toutes les orientations vidéoludiques sont parfaitement normales et ne devraient faire l’objet d’aucune discrimination.
6 commentaires Ajoutez les votres
    1. Hello, avec un mac, pour jouer à d’anciens jeux, souvent on n’a que ses yeux pour pleurer. Mais il y a aussi des logiciels comme Bootcamp, virtual box (besoin de la licence windows) ou aussi crossover mac et play on mac. Il y a pas mal de tutos en ligne. Ayant toujours joué sur des PC, je ne peux pas tester mais n’hésitez pas à dire si ça fonctionne. 🙂

    1. Bonjour, ça dépend ce qu’on entend par jeu semblable ^^ Pour un jeu qui mélange de la gestion de ville et de la mythologie avec cette qualité ce n’est pas si répandu. Sur PC, je recommande les autres créations du studio (pharaon, cleopatre, caesar). Trouver sur Mac c’est toujours plus compliqué…si c’est juste l’aspect historique et/ou mythologique qui plaît avec le côté gestion/stratégie, je peux recommander les Civilization ou Age of Mythology. Pour la pure gestion sans l’aspect mythologique, ils sont légions : Sim City, tous les gens contenant Tycoon dans le titre…Sinon comme je dis dans un commentaire plus haut, il y a plusieurs logiciels pour jouer à des jeux PC sur Mac 🙂

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